Salut à tous,
D'abord, je suis en vie et la traversée avec le trimaran a été des plus sportive.
Nous sommes partis le vendredi avec 25 nœuds dans le dos. Dès la sortie du port, nous avons cassé la drisse de spi, puis l'enrouleur de génois deux heures plus tard. Ce n'était pas pour me déplaire car Philippe semblait très pressé et voulait balancer toute la toile. Avec cette avarie, nous étions réduits à la grande voile. Nous faisions quand même des surfs à 15-16 nœuds.
La première nuit a été tendue car j'avais l'impression d'être dans un kart sur l'autoroute et de ne pas pouvoir descendre. J'ai mis 24h pour commencer à me détendre. Je ne dormais pas et ne mangeais pas.
Puis, la nuit suivante, ce fut le pied total. J'ai commencé à mieux comprendre le bateau et à me rendre compte qu'il tenait parfaitement les surfs. Alors, les sensations fortes ont commencé. La mer était luminescente avec le plancton et le bateau laissait un sillage de lumière sur au moins 50 mètres. Les mêmes sensations que le snowboard.
Le troisième jour, le vent a commencé à baisser et nous avons pu réparer la casse du départ et du coup rebalancer le spi. J'ai barré tout mon quart de nuit d'après pour surfer un peu.
Le lendemain, début de pétole... on croise un gros requin puis un troupeau de globicéphales. On décide de le suivre et du coup de faire du près pour les observer. Et là...le drame. L'étai est cassé. On repart direct vent arrière pour éviter de se prendre le mât sur la tête et Philippe part en mission en haut du mât pour le remplacer par un bout. On prie pour ne pas avoir à faire du près avant la fin du voyage. Il reste 200 milles.
La nuit suivante est une horreur : il n'y a pas de vent, le bateau et nous-mêmes sommes trempés par l'humidité de l'air. Je me transforme en poisson. Il n'y a plus un endroit sec sur le bateau. Heureusement avec le soleil, l'humidité s'en va et cette fois c'est le pilote qui lâche. Re-atelier bricolage en électricité cette fois. Trois heures après, il refonctionne à merveille. Le soleil se couche et le Cap-Vert est à moins de 100 milles.
Le lendemain, nous apercevons Sal vers 12h. Un dernier plat de pâtes à l'eau de mer et nous arrivons vers 15h à Palmeira. A 16h je suis sur le quai et Philippe est déjà reparti vers de nouvelles aventures.
Je n'ai nulle part où dormir et suis explosé de fatigue de ces 5 jours de nav. Un local passablement éméché me propose de dormir chez lui. Pas le choix, j'accepte. Il me fait faire le tour de la ville, du petit boui-boui de la grand-mère (où j'ai consommé), au bordel (où je n'ai pas consommé). Enfin, vers 21 h, je m'endors pour la première fois sur la terre ferme depuis 3 mois.
Le lendemain, je me fais héberger par Pierre et Céline sur un 35 pieds «PETER PAN». J'y passe deux jours absolument délicieux pour me reposer. Durant ces deux jours, je fais la connaissance de l'équipage du «SHARK». Ils vont à Mindelo doucement, en une semaine, une semaine et demi, le temps de visiter les îles du nord.
Dimanche, j'ai embarqué avec eux et depuis je me la coule douce, sur un 18 mètres. L'équipage est vraiment cool et ils viennent de Montreuil. Le monde est petit.
Voilà, je fais un peu de tourisme au Cap-Vert. Je mange du poisson que l'on chasse tous les jours, plonge dans des eaux de cristal où se prélassent poissons multicolores et requins. En gros c'est le pied...
Le Cap-Vert est un pays hyper tranquille et les habitants très accueillants. Courez-y vite.
Sinon, le programme est le suivant. Quelques jours encore pour aller à Mindelo en passant par Santa Lucia, petite île déserte, puis recherche d'un bateau pour traverser. Cette fois c'est la bonne.
Je vais fêter mes 28 révolutions autour du soleil avec le «SHARK».
Ben.
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samedi 22 décembre 2007
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