Salut à tous,
Je viens de vivre quatre jours intense sur tous les plans. Tout a commencé jeudi lorsque nous avons quitté Castellone. Encore une fois la météo nous a interdit de nous rendre aux Baléares et à présent il n'en est même plus question.
Donc nous avons quitté le port au petit matin météo en poche annonçant une journée tranquille au portant. Dès les premiers pas hors du port nous tombons face à une mer forte (des creux de deux mètres) et un vent bien établit, environ 20 nœuds. Tant pis on a déjà perdu assez de temps comme cela, on y va on se lance d'autant que la météo annonce que le vent doit mollir et qu'il devrait faire beau. Eh bien que dalle, ça a été de pire en pire, le vent a continué de grimper et la pluie est venue embellir le tableau. Nous décidons alors, au bout de deux heures à se faire secouer dans tous les sens, de trouver un abri. Et là c'est la blague. Pas un port accessible dans ces conditions. On refait le tour des côtes sur la carte et le seul port qui pourrait faire l'affaire est un port à 15 miles de là. C'est parti on y va.
On navigue heureusement au portant pendant encore deux trois heures et plus on approche plus la mer grossit et plus on se rend compte que les déferlantes interdisent l'accès au port. J'appelle à la VHF et ils confirment, on ne rentrera jamais. A 5 miles il y a un port de commerce sur lequel on décide de se rabattre et on verra bien où on pourra se caler.
L'arrivée au port est dantesque, le ressac lève une mer où les creux peuvent atteindre 6 mètres (sérieux je n'exagère pas, le capitaine lui parle de 10 mètres. lui il exagère). A la barre je me fais une séance de muscu accélérée que je paierai pendant deux jours (aie mes trapèzes).
A l´intérieur de ce port (Sagunto) on trouve une oasis. Un véritable ponton pour accoster avec eau et électricité. C'est le ponton privé d'un chantier naval de luxe. Ils construisent des bateaux de 40 mètres et surtout nous ont reçu comme des rois sans nous demander quoi que ce soit. Grande classe. Nous restons donc chez nos hôtes jusqu'au lendemain matin le temps que le vent et surtout la mer se calme.
Le lendemain nous partons vers neuf heures pour une navigation qui a été idyllique. Le matin petit vent au portant sur une mer peu agitée que nous avons exploité au max avec le spi (grande voile multicolore et en forme de bulle qui transforme un pet de mouche en petite brise bien agréable). L'après midi le vent tourne et forcit un peu ce qui nous permet de faire du 5 nœuds au travers.
La pêche s´avère être prolifique avec une bonite l´après midi et une daurade coryphène à la tombée du jour. C´était ma première daurade et je l'ai payé fort chère. Lorsque je l'ai sortie de l'eau la bête était tellement en forme qu'elle gigotait dans tous les sens et du coup je me suis enfoncer l´hameçon dans le doigt. L'avantage de ces objets est qu'ils sont fait pour entrer mais pas pour ressortir chose que j'ai comprise en m'y reprenant à plusieurs fois pour l'extraire de mon doigt. J'ai pu ainsi avoir une compassion pour ma daurade. Mais bon, les hommes mangent les daurades et pas le contraire. Sorry.
Le soir nous dégustons donc la bonite et nous préparons pour faire une navigation de nuit. J'adore l'ambiance qu'il peut y avoir la nuit. Tout devient différent. Nos sens s'aiguisent et surtout il se crée une sérénité que je recherche particulièrement. Peu à peu mes équipiers disparaissent pour se coucher et en même temps mon bonheur croît. Entre minuit et trois heures du matin j'ai vécu des moments de pur bonheur. Ceux où on ressent dans le même temps que l'on est rien et que l'on est tout. Cela s'appelle l'harmonie. Pour vous faire partager quelques images, fermez les yeux (après avoir lu ce texte) et imaginez vous sur une mer noir profond, le seul son qui vous parviens est celui de l'eau qui glisse sur la coque du bateau au même rythme que les vagues qui vous dépassent et vous bercent. Comme cap trois étoiles coincées entre deux haubans pour pouvoir garder un œil dans l'univers qui me fait ce soir là un festival d'étoiles filantes. Durant trois heures j'ai gardé un sourire de gamin de trois ans. Spéciale dédicace au pilote automatique qui n'avait plus d'énergie et qui m'a permis d'être en totale harmonie avec le bateau. Ensuite j'ai été me coucher pour faire des rêves aussi intenses. Mais ça, c'est une autre histoire.
Le lendemain je me fais réveiller à 6h30 par le moteur car il n'y a plus de vent et nous traçons vers la côte pour trouver un mouillage forain. Nous arrivons dans une baie aux allures de Manhattan. Des grattes ciels énormes sur deux kilomètres. Tant pis cela fera l'affaire pour se reposer. 2h sommeil et réveil au bord de cette usine à touriste. C'est pétole on en profite pour se baigner, se laver, faire des courses que l'on ramène à la rame jusqu'au bateau. Tous nos achats seront un peu salés mais bon c'est bien drôle quand même.
Le soir un petit vent se lève et nous décidons de reprendre la route vers 7h. Nouvelle nav de nuit mais je pars me coucher vers onze heures car contrairement aux autres je n'avais dormi que 4h. Ce matin je me réveille vers 4h et me rend compte que nous sommes au mouillage. Je vois le ciel un peu noir au loin mais bon je ne m'inquiète pas plus que cela surtout que le capitaine dort dehors. Je retourne me coucher.
Trois quart d'heures plus tard je me fais réveiller par le capitaine qui s'affaire à je ne sais quoi. Le bateau remue beaucoup et le vent siffle dans le mât. Je me lève et vois le capitaine rajouter une deuxième ancre. Nous sommes entrain de déraper vers la plage (l'ancre ne croche pas au fond à cause du vent et de la mer) et un orage se dirige droit sur nous. Par réflexe j'allume les instruments car je trouve que nous sommes bien près de la plage et là c'est la panique: le sondeur indique 0.6 mètres d'eau sous la quille. J'en fais part au capitaine et lui propose de s'arracher en vitesse. Il me répond que cela va peut être se calmer et que l'on verra bien. Ah cette satanée habitude qu'il a de toujours attendre la limite. Ca ne se calme pas du tout bien au contraire le vent monte à 30 nœuds et les vagues même si elles ne sont pas très grosses commencent à déferler. Alors là il me dit que ça serait bien d'y aller. Et c'est parti pour un tour de rodéo: le guindeau électrique qui sert à remonter l'ancre ne peut pas lutter contre les éléments, je me mets donc à la barre et au moteur pour ramener le bateau en ligne avec la chaîne d'ancre. Je vois Gérard s'agiter dans tous les sens pour me dire à tribord, à bâbord, tout droit, ralenti, à fond....
Bref il luttait de son coté car il avait envoyé toute la chaîne et du coup a failli la perdre. Pendant ce temps je regardais le sondeur et nous avons atteint 0.4m. Tout cela se passait je vous le rappelle sous des trombes d'eau avec un vent qui vous transperce si vous avez oublié de bien vous couvrir. Ce qui était le cas car j'ai oeuvré dans la précipitation. Finalement on s'en est sorti et avons rejoint le port d'Aligant à fond les ballons avec un mouchoir de poche à l'avant en guise de voile. Ce qui est agréable avec Gérard c'est que dans ces grosses galères il sait développer un sens de l'humour et une décontraction qui permet d'évacuer tout le stress.
Voilà aujourd'hui on est au port et nous nous reposons un peu avant de continuer demain. Il ne reste normalement plus que une semaine, une semaine et demi de nav pour rejoindre Gibraltar et ensuite traverser direct en 6 7 jours pour les Canaries.
.
Je viens de vivre quatre jours intense sur tous les plans. Tout a commencé jeudi lorsque nous avons quitté Castellone. Encore une fois la météo nous a interdit de nous rendre aux Baléares et à présent il n'en est même plus question.
Donc nous avons quitté le port au petit matin météo en poche annonçant une journée tranquille au portant. Dès les premiers pas hors du port nous tombons face à une mer forte (des creux de deux mètres) et un vent bien établit, environ 20 nœuds. Tant pis on a déjà perdu assez de temps comme cela, on y va on se lance d'autant que la météo annonce que le vent doit mollir et qu'il devrait faire beau. Eh bien que dalle, ça a été de pire en pire, le vent a continué de grimper et la pluie est venue embellir le tableau. Nous décidons alors, au bout de deux heures à se faire secouer dans tous les sens, de trouver un abri. Et là c'est la blague. Pas un port accessible dans ces conditions. On refait le tour des côtes sur la carte et le seul port qui pourrait faire l'affaire est un port à 15 miles de là. C'est parti on y va.
On navigue heureusement au portant pendant encore deux trois heures et plus on approche plus la mer grossit et plus on se rend compte que les déferlantes interdisent l'accès au port. J'appelle à la VHF et ils confirment, on ne rentrera jamais. A 5 miles il y a un port de commerce sur lequel on décide de se rabattre et on verra bien où on pourra se caler.
L'arrivée au port est dantesque, le ressac lève une mer où les creux peuvent atteindre 6 mètres (sérieux je n'exagère pas, le capitaine lui parle de 10 mètres. lui il exagère). A la barre je me fais une séance de muscu accélérée que je paierai pendant deux jours (aie mes trapèzes).
A l´intérieur de ce port (Sagunto) on trouve une oasis. Un véritable ponton pour accoster avec eau et électricité. C'est le ponton privé d'un chantier naval de luxe. Ils construisent des bateaux de 40 mètres et surtout nous ont reçu comme des rois sans nous demander quoi que ce soit. Grande classe. Nous restons donc chez nos hôtes jusqu'au lendemain matin le temps que le vent et surtout la mer se calme.
Le lendemain nous partons vers neuf heures pour une navigation qui a été idyllique. Le matin petit vent au portant sur une mer peu agitée que nous avons exploité au max avec le spi (grande voile multicolore et en forme de bulle qui transforme un pet de mouche en petite brise bien agréable). L'après midi le vent tourne et forcit un peu ce qui nous permet de faire du 5 nœuds au travers.
La pêche s´avère être prolifique avec une bonite l´après midi et une daurade coryphène à la tombée du jour. C´était ma première daurade et je l'ai payé fort chère. Lorsque je l'ai sortie de l'eau la bête était tellement en forme qu'elle gigotait dans tous les sens et du coup je me suis enfoncer l´hameçon dans le doigt. L'avantage de ces objets est qu'ils sont fait pour entrer mais pas pour ressortir chose que j'ai comprise en m'y reprenant à plusieurs fois pour l'extraire de mon doigt. J'ai pu ainsi avoir une compassion pour ma daurade. Mais bon, les hommes mangent les daurades et pas le contraire. Sorry.
Le soir nous dégustons donc la bonite et nous préparons pour faire une navigation de nuit. J'adore l'ambiance qu'il peut y avoir la nuit. Tout devient différent. Nos sens s'aiguisent et surtout il se crée une sérénité que je recherche particulièrement. Peu à peu mes équipiers disparaissent pour se coucher et en même temps mon bonheur croît. Entre minuit et trois heures du matin j'ai vécu des moments de pur bonheur. Ceux où on ressent dans le même temps que l'on est rien et que l'on est tout. Cela s'appelle l'harmonie. Pour vous faire partager quelques images, fermez les yeux (après avoir lu ce texte) et imaginez vous sur une mer noir profond, le seul son qui vous parviens est celui de l'eau qui glisse sur la coque du bateau au même rythme que les vagues qui vous dépassent et vous bercent. Comme cap trois étoiles coincées entre deux haubans pour pouvoir garder un œil dans l'univers qui me fait ce soir là un festival d'étoiles filantes. Durant trois heures j'ai gardé un sourire de gamin de trois ans. Spéciale dédicace au pilote automatique qui n'avait plus d'énergie et qui m'a permis d'être en totale harmonie avec le bateau. Ensuite j'ai été me coucher pour faire des rêves aussi intenses. Mais ça, c'est une autre histoire.
Le lendemain je me fais réveiller à 6h30 par le moteur car il n'y a plus de vent et nous traçons vers la côte pour trouver un mouillage forain. Nous arrivons dans une baie aux allures de Manhattan. Des grattes ciels énormes sur deux kilomètres. Tant pis cela fera l'affaire pour se reposer. 2h sommeil et réveil au bord de cette usine à touriste. C'est pétole on en profite pour se baigner, se laver, faire des courses que l'on ramène à la rame jusqu'au bateau. Tous nos achats seront un peu salés mais bon c'est bien drôle quand même.
Le soir un petit vent se lève et nous décidons de reprendre la route vers 7h. Nouvelle nav de nuit mais je pars me coucher vers onze heures car contrairement aux autres je n'avais dormi que 4h. Ce matin je me réveille vers 4h et me rend compte que nous sommes au mouillage. Je vois le ciel un peu noir au loin mais bon je ne m'inquiète pas plus que cela surtout que le capitaine dort dehors. Je retourne me coucher.
Trois quart d'heures plus tard je me fais réveiller par le capitaine qui s'affaire à je ne sais quoi. Le bateau remue beaucoup et le vent siffle dans le mât. Je me lève et vois le capitaine rajouter une deuxième ancre. Nous sommes entrain de déraper vers la plage (l'ancre ne croche pas au fond à cause du vent et de la mer) et un orage se dirige droit sur nous. Par réflexe j'allume les instruments car je trouve que nous sommes bien près de la plage et là c'est la panique: le sondeur indique 0.6 mètres d'eau sous la quille. J'en fais part au capitaine et lui propose de s'arracher en vitesse. Il me répond que cela va peut être se calmer et que l'on verra bien. Ah cette satanée habitude qu'il a de toujours attendre la limite. Ca ne se calme pas du tout bien au contraire le vent monte à 30 nœuds et les vagues même si elles ne sont pas très grosses commencent à déferler. Alors là il me dit que ça serait bien d'y aller. Et c'est parti pour un tour de rodéo: le guindeau électrique qui sert à remonter l'ancre ne peut pas lutter contre les éléments, je me mets donc à la barre et au moteur pour ramener le bateau en ligne avec la chaîne d'ancre. Je vois Gérard s'agiter dans tous les sens pour me dire à tribord, à bâbord, tout droit, ralenti, à fond....
Bref il luttait de son coté car il avait envoyé toute la chaîne et du coup a failli la perdre. Pendant ce temps je regardais le sondeur et nous avons atteint 0.4m. Tout cela se passait je vous le rappelle sous des trombes d'eau avec un vent qui vous transperce si vous avez oublié de bien vous couvrir. Ce qui était le cas car j'ai oeuvré dans la précipitation. Finalement on s'en est sorti et avons rejoint le port d'Aligant à fond les ballons avec un mouchoir de poche à l'avant en guise de voile. Ce qui est agréable avec Gérard c'est que dans ces grosses galères il sait développer un sens de l'humour et une décontraction qui permet d'évacuer tout le stress.
Voilà aujourd'hui on est au port et nous nous reposons un peu avant de continuer demain. Il ne reste normalement plus que une semaine, une semaine et demi de nav pour rejoindre Gibraltar et ensuite traverser direct en 6 7 jours pour les Canaries.
.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire