jeudi 29 novembre 2007

Dans la place, à Las Palmas


Ola todos,

Ca y est, je suis là où il faut être pour trouver un embarquement pour la transat : Las Palmas.

Je suis arrivé hier après une nuit de navigation plutôt épuisante. La mer était hachée, le vent pas si faible que cela et soufflant en rafales. Nous avons donc peu dormi et enchaîné les changements de voiles. Le bateau tapait dans tous les sens et nous avons pris des paquets de mer comme jamais.

Heureusement, avec l'arrivée du petit jour, tout s'est un peu calmé et pour finir les dauphins (encore eux) sont venus nous souhaiter la bienvenue à Las Palmas.

A présent, je commence à chercher de mon côté pour un nouvel embarquement. Je pense que je vais continuer l'aventure sans Holger car j'ai besoin de vivre les choses librement. Je ne suis pas sûr qu'il avait envisagé les choses comme cela, car depuis que je lui ai fait part de mon souhait, il dort 13 h par jour.

Je me rends compte que lors de mon voyage, je n'ai envie de prendre qu'un minimum d'engagement. Les seuls que je veux prendre sont de finir le film, assurer sur les bateaux sur lesquels j'embarque et pour le reste je profite à fond de mon indépendance et souhaite la préserver à tout prix.

A Las Palmas, il y a beaucoup de candidats à l'embarquement et assez peu de bateaux qui cherchent. Il va donc falloir s'armer de patience. J'en profite pour prendre des contacts pour des interviews et ai déjà des candidats pour demain. Sinon, pour les embarquements, j'ai rencontré des français fort sympathiques à La Graciosa et il se pourrait que nous fassions la route ensemble. J'attends des nouvelles.

Voilà pour les nouvelles, un peu en vrac, car j'ai un clavier espagnol où la moitié des touches sont effacées et cela n'aide pas à se concentrer pour écrire un beau mail.

Je vous embrasse tous et à bientôt.
Ben.



mardi 27 novembre 2007

Vidéo. Les îles Canaries en vue



Vidéo de Holger prise avec son appareil photo sur son catamaran.


Les îles Canaries sont en vue.
G.




.

samedi 24 novembre 2007

La traversée de Gibraltar aux Canaries

Un petit résumé de la navigation dans les détails techniques si ça vous intéresse.

Le premier jour, mardi, nous avons quitté Gib vers 6 h du mat au moteur, car le vent était très faible, inférieur à 5 nœuds. Nous avons fait du moteur jusqu'à la nuit et je me suis d'ailleurs payé un filet dérivant car je ne connaissais pas ce genre de piège à la con, heureusement que nous avions ce genre de cata car les dérives et les safrans se relèvent, ce qui est bien pratique.

Ensuite la nuit, un vent de 10 nœuds au portant nous a poussés lentement jusqu'au petit matin. Là, il s'est un petit peu renforcé et est monté progressivement jusqu'à 15-20 nœuds jusqu'au lendemain matin.

A midi, nous avons eu la visite de capitaine "Igloo" qui nous a apporté de la dorade coryphène. C'est un cata français, "Igloo", qui nous a rattrapés, intrigué de voir un si petit bateau, si loin des côtes.

La deuxième nuit a été un petit peu angoissante car je ne connaissais pas le bateau et ses réactions, mais tout s'est très bien passé, le bateau filait à 8-9 nœuds.

Le lendemain, l'inverse, le vent a molli jusqu'au matin suivant, pour finir par pétole la plus complète. C'est ce matin là où j'ai vu les baleines.

Ensuite, nous avons fait près de 48 heures de moteur en regardant nos provisions de super disparaître avec inquiétude car nous n'avions en partant que 60 L. Dès qu'il y avait un petit souffle, nous l'éteignons pour se reposer et sauvegarder nos réserves.

Le vent s'est finalement remis à souffler samedi soir et nous a permis de finir à la voile jusqu'au lendemain soir mais nous étions au près. Ce n'était pas forcément un problème car nous avons eu une houle de 2-3 mètres de NW pendant tout le trajet et le vent contraire n'a pas eu le temps de lever une mer, il l'a juste aplatie. Voilà.

Sinon, question fatigue, je n'en ai pas souffert du tout, ce qui est plutôt étonnant car je dormais environ 4-5 h par jour. Nous avons très bien mangé malgré le réchaud à alcool qui limitait les possibilités.

Bien sûr, nous avons pris de l'eau tout le temps mais dans les coques nous nous organisions pour que ça reste sec, ce qui fait que l'on avait tout de même un peu de confort.

Ah oui, j'oubliais, j'ai été sujet à quelques hallucinations, auditives notamment, j'entendais des gens discuter à coté de moi et j'ai vu un chat à bord.... Je ne sais pas si c'est coutumier lorsque l'on fait une traversée où il n'y a rien pour occuper l'esprit.
Voilà pour le résumé de la traversée.

Aujourd'hui, je suis à Corralejo à Fuerteventura. Premier contact avec la civilisation depuis deux semaines, c'est excitant et agressif à la fois.

Hier, nous avons fait 60 milles en 7h30, ce qui fait une moyenne de 8 noeuds. C'était énorme. Notre meilleur score a été 12 nœuds.

Ben.


.

jeudi 22 novembre 2007

Résumé du voyage (Gibraltar - Graciosa)

Salut à tous,

Je suis arrivé aux Canaries dimanche dernier et entier. Pour vous résumer le voyage :
  • les dauphins ne nous ont pas lâchés d'une semelle au point qu'à la fin on était obligé de les envoyer chier,
  • les baleines sont venues me saluer à l'aurore pour me récompenser d'avoir tenu des quarts de six heures,
  • les étoiles filantes tombaient par milliers et se reflètaient dans notre sillage (plancton),
  • j'ai pêché des étoiles à mains nues (toujours plancton),
  • j'ai suivi le long serpent argenté qui mène à la lune, tout ça sur une embarcation qui volait à trente centimètres au-dessus de l'eau.
Autant vous dire que c'était mouillé, peu confortable (essayez de dormir dans une machine à laver et vous pourrez avoir une idée de mes nuits), mais la compensation que j'ai reçu en échange, dépassait tous mes rêves les plus fous.

Avec Holger, nous avons dépassé le langage oral pour être dans un langage d'action, j'adore...

En bref, il ne s'est rien passé, mais en fait, il s'est passé Tout.

Isla Graciosa
Depuis, nous sommes ancrés à La Graciosa, petite île quasi désertique où je passe mon temps à aller boire des coups sur les bateaux de tout le monde. J'ai fait quelques interviews et surtout des images de navigation de fous.

Alors tous les gens qui vous disent d'arrêter de rêver, envoyez-les chier bien fort et vivez vos rêves, ils sont encore plus vastes que vous ne pouvez l'imaginez....

Merci pour tous vos mails...
Ben.


.

mercredi 21 novembre 2007

Météo du jour


20 nd de SW avec averses.

Le dernier concurrent de la "
Barcelona World Race" est aujourd'hui à la hauteur de Lanzarote, un peu à l' ouest.

G.


.

mardi 20 novembre 2007

Ile Graciosa


Benoît fait escale sur l'île Graciosa pour une semaine environ.

Graciosa est une petite île au nord de Lanzarote (voir la carte). Le sommet le plus élevé est Pedro Barba (266 m).

Le port "Caleta de Sebo" est situé au SE.

Dès que Benoît aura accès à Internet, il nous enverra un message.

G.




lundi 19 novembre 2007

Benoît est arrivé !

Bonne nouvelle, Benoît est bien arrivé hier aux Canaries.
Il va tout nous expliquer très rapidement.
G.


.

A vous de choisir !





Sur un site météo français, la carte ci-contre nous indique du vent variable 5 à 10 nd pour les Canaries.













Sur le site de la météo espagnole, 20 nd de SW et 35 nd sur Tenerife avec des averses.





Sur cette carte satellite, le vent paraît bien installé au SW avec une vingtaine de nœuds à l'W de la Gde Canarie et un peu moins à l'E (isobares moins serrés).


G.


.

dimanche 18 novembre 2007

Quelle météo aujourd'hui ?


La météo espagnole (voir la carte) annonce 20 nd de SE pour aujourd'hui.

Une autre météo donne des vents faibles (5 à 10 nd, d' E à SW).
Qui a raison ?


Petit rappel :


Sur les cartes météo, les flèches indiquent la direction du vent mais aussi sa vitesse. Sur la plume de la flèche, 1 petit trait indique 5 nd, 1 grand 10 nd, 1 grand et 1 petit = 15 nd etc...

Nous voyons sur toutes celles qui entourent les Canaries, 2 grands traits donc 20 nd de vent. L'orientation des flèches nous annonce du SE, le vent vient du SE.
G.


.

samedi 17 novembre 2007

Image satellite du jour


L'image satellite de ce matin à 4 H nous indique qu'une faible dépression se situe à proximité des Açores et génère des vents faibles, de secteur S-SE sur les îles Canaries.


Petit rappel :

Dans un système dépressionnaire, les vents tournent à l'inverse des aiguilles d'une montre en entrant légèrement (voir les flèches rouges).

Plus les isobares sont écartés, plus le vent est faible.
Par exemple, sur cette carte, nous voyons que le vent est fort, au NW de la dépression (isobares serrés). Ils sont faibles au S des Canaries (isobares espacés).
Gérard.

.

vendredi 16 novembre 2007

Météo de vendredi 16 novembre


Le vent a faibli vers les Canaries et pourrait même être contraire samedi en fin de journée !


Gérard.








.

jeudi 15 novembre 2007

Météo de jeudi 15 novembre

Où sont-ils ce jour à midi ?
Je ne peux répondre à la question mais nous pouvons supposer qu'ils sont en mer...


Peut-être au large de Safi ? Si c'est le cas, le vent va monter progressivement et ils vont se faire plaisir, 15/20 nd au portant, sur ce type de bateau c'est le paradis... un peu humide... c'est vrai mais quel bonheur que de glisser à vive allure.

Benoît nous enverra peut-être de belles images.


Petit rappel :

1 nd = 1 mille en 1 heure
En 24 H, un voilier de croisière de 10 m environ fait 150 milles.

Plus le bateau est petit, plus la vitesse théorique est faible.
Un multicoque léger va beaucoup plus vite, 240 M sont faisables en 24 H.


Gérard.



.

mercredi 14 novembre 2007

Bon vent aujourd'hui ?


La météo annonce un vent plus favorable pour la journée dans le secteur où naviguent Benoît et Holger actuellement (encadré rouge).

Il est prévu 10 à 15 nd au portant...sympa pour le petit cata.

Gérard.





Peut-être...

D'autres sites météo annoncent du vent plus faible (5 nd).

Si c'est le cas, ce n'est plus une partie de plaisir, le bateau n'avance pas, ce n'est jamais bon pour le moral. On est secoué, le vent n'appuie pas sur les voiles et il subit chaque mouvement de l'eau. Ils ont du soleil, c'est bien déjà. Un peu plus au sud le vent est présent.

Benoît nous expliquera tout ça.
Gérard.



.

mardi 13 novembre 2007

Départ pour les Canaries

Ce matin, Benoît a quitté Gibraltar, direction les Canaries (700 milles) toujours sur le cata avec Holger, le copain allemand.

La météo annonce des vents faibles aujourd'hui puis un cran au-dessus demain. Ils seront probablement à la hauteur de Casa dans la soirée de mercredi ou dans la nuit de mercredi à jeudi, tout dépend du vent...
Gérard.
.
.
.

dimanche 11 novembre 2007

Message de Benoît ce matin


Vers 9H30, le téléphone sonne. C'est Benoît, tout va bien, il est en mer sur le cata. Il doit ressembler à celui de la photo.

Le vent est faible, ils marchent à 4 nd environ et sont au large de Malaga, c'est-à-dire à environ 60 M de Gibraltar.

Benoît vous expliquera la jolie nuit qu'il vient de passer et les visiteurs inattendus...

Gérard.

vendredi 9 novembre 2007

Les évadés du Kon tiki deuxième....

Salut à tous,

Vous allez rire, je suis toujours à Almerimar mais maintenant j'ai un bateau et en plus il va vite, même très vite.

Hier soir, au coucher du soleil, alors que j'avais rangé toutes mes affaires et nettoyé mon ancien bateau, je vais sur le quai pour fumer une petite cigarette quand je vois un catamaran débouler. Quand je dis catamaran, je devrais dire plutôt un engin de plage. Le bateau est complètement ouvert avec deux coques (c'est plutôt bon signe pour un catamaran) où l'on peut habiter.

Dessus, un jeune allemand d'une trentaine d'années entrain de ranger et cleaner son bateau consciencieusement. Je vais le voir intrigué et lui demande d'où il vient avec ça. Il me répond qu'il arrive de France et à l'intention de traverser l'océan avec. A son tour, il me demande si le gros bateau sur lequel je suis est le mien et je lui explique que je fais du bateau-stop jusqu'aux Caraïbes. Spontanément, il me propose de m'emmener à Gibraltar... Pourquoi pas?

Nous passons la soirée ensemble et finalement la confiance s'installe. Nous décidons d'aller ensemble à Gibraltar.

Aujourd'hui, j'ai pris mes quartiers sur son bateau. Nous avons chacun notre coque. C'est petit mais vivable surtout pour deux jours. Ma chambre-cuisine fait 3 mètres de long sur 50 cm de large pour 1 m50 de haut. Même si le bateau est sommaire, il inspire confiance. Il n'y a rien d'inutile mais tout ce qu'il faut pour naviguer. De plus, la navigation risque d'être amusante car c'est le type d'engin qui monte à plus de 10 noeuds facilement.

On devrait décoller demain, la météo prévoit 20 noeuds de vent venant de l'est, ce qui fait que nous serons au portant et que nous pouvons relier Gibraltar dans la journée (aussi rapide que le bus) .

Après, Holga (l'allemand) veut tracer sur les Canaries mais là j'avoue que j'hésite un peu. Le bateau est vraiment bas sur l'eau (50 cm) et en plus un catamaran si ça se retourne, ça ne se remet pas sur ses pieds tout seul. Je pense que je vais débarquer à Gibraltar, chercher un autre bateau et si ça ne marche pas, aller au Maroc faire un tour.

Voilà, tout évolue et tout change, c'est la Vie, la vraie.
A bientôt pour de nouvelles aventures...
Ben.




jeudi 8 novembre 2007

Hye everybody

Après la réflexion... l'action. C'est décidé, je me casse demain de cette marina velcro où je m'englue jour après jour.


Voilà le programme :

Je vais d'abord à Gibraltar pendant deux jours, histoire d'essayer de trouver un bateau et de faire quelques interviews.

Si là-bas, il ne se passe toujours rien, je continue par le Maroc en bus, vais faire une halte de deux, trois jours à Marrakech, puis je me prends, soit un vol direct pour Gran Canarias, soit je vais à Agadir pour essayer de traverser vers les Canaries en bateau (cette deuxième alternative peut paraître tentante mais c'est sûrement un coup à perdre une semaine de plus. Je dois encore y penser).

De cette manière, je suis sûr d'être aux Canaries pour la fin novembre, faire là-bas de belles interviews (de marins et de bateau-stoppeurs), d'avoir le temps de faire un choix de bateau judicieux (c'est quand même trois semaines de pleine mer avec des inconnus, pas moyen de débarquer, ni l'envie d'ailleurs) et en plus je reprends le contrôle sur la situation.

Voilà, aujourd'hui je sautille comme un gardon, ai trois interviews dans l'après-midi, le bateau à ranger et des affaires à jeter ou à donner.

Je vous tiens au courant très vite de la suite des évènements et vous embrasse.

Ben.

.

mercredi 7 novembre 2007

What you want is not necessarly what you need...

Salut à tous,

Cela fait maintenant plus d'une semaine que je suis à Almerimar. Je suis encore sur le bateau d'Andrew même si celui-ci est retourné en Ecosse hier. J'ai tout ce dont j'ai besoin. Un bateau très confortable où attendre, des compagnons sur le port très agréables, le soleil, etc... Pourtant, je me pose de nombreuses questions et j'ai du mal à être en paix.

Voilà la situation. J'ai rencontré un couple d'allemands d'une trentaine d'années qui voyagent avec leur petite fille âgée de treize mois et qui veulent faire la transat sur leur bateau. Le Feeling est très bon. Le seul hic est qu'ils naviguent dans un rythme très lent. Ils ne partent que dans deux semaines, veulent traîner le long des côtes marocaines pour finalement faire la transat durant le mois de janvier. Ce programme a tout pour me plaire mais ne correspond pas au planning que je m'étais fixé avant de partir. De plus, l'expérience passée, m'a montré que l'on ne connaît les gens que lorsque l'on a navigué avec eux et la perspective de passer deux semaines à attendre sur le port pour finalement me rendre compte que l'on ne peut pas faire route ensemble ne m'enchante guère.

Je continue donc à chercher à côté mais les opportunités ne se présentent pas. J'ai tout fait : aller toquer à tous les bateaux, déposer des petites annonces dans les endroits stratégiques du port, tous les jours, je me rends à la capitainerie pour me mettre au courant des nouveaux bateaux arrivés. Pour l'instant rien.

Beaucoup de questions et de doutes m'assaillent : Suis-je au bon endroit pour retrouver un nouveau bateau ? Dois-je aller jusqu'à Gibraltar malgré les différents avis que l'on m'a donné sur cet endroit ? Dois-je attendre les allemands ? Est-ce vraiment important de traverser en novembre ou en décembre ? Pourquoi je me mets la pression par rapport au temps ? Dois-je prendre un ferry ou un vol pour Gran Canaria où je trouverai à coup sûr une embarcation pour traverser ? Enfin voilà, période de déséquilibre mais finalement n'est-ce pas comme cela que l'on avance ?

La seule chose qui est intacte est l'envie de réaliser ce rêve à tout prix. Je n'ai pas perdu le cap, je suis seulement en train d'examiner les différentes routes possibles. Et comme le dit mon hôte :" what you want is not necessarly waht you need."
Je vais donc travailler ma patience, laisser la vie me faire des signes pour me guider vers le bon choix et peut-être la chance viendra croiser mon chemin.
Je vous embrasse tous.
Ben.




dimanche 4 novembre 2007

Merci

Merci à tous pour vos messages de soutien.

Je vais très bien et mon étoile brille au zénith.
Je n'ai pas trouvé d'embarquement pour le moment mais j'ai bon espoir.
Mon hôte est adorable et cuisine comme un dieu. Il possédait un resto 1 étoile en Ecosse.
Voilà je suis libre et la chance fait le reste.

Ben.


.

vendredi 2 novembre 2007

Le grand départ

Salut à tous.

Ca bouge on ne peut plus. Le grand départ a eu lieu aujourd'hui mais pas comme vous pouvez le penser. Une heure après mon mail de toute à l'heure, le capitaine Gérard est revenu à bord avec la fameuse pièce.

Cette pièce faisait à peu de chose près, le double de ce qu'elle devait faire. Là, les boules me montent. Je lui dis que ce n'est pas du tout le bon modèle et il me certifie que oui. Je connais le lascar et je n'argumente pas, je lui montre simplement que non. Pas de problème pour lui, il me répond qu'il va limer une autre pièce sur le moteur pour le faire rentrer. Je lui dis qu'il faut retourner au magasin pour changer la pièce même si cela doit nous faire attendre trois jours de plus. Là-dessus, il commence à limer sa pièce et ne parle pas. Pour sa décharge, je parlais à un niveau sonore supérieur à la moyenne et faisais preuve d'un sang froid peu enviable. Mais bon, je n'ai pas l'habitude de négocier avec ma sécurité. Donc, j'ai tenté de lui dire d'arrêter de limer la pièce et par la même occasion de la fragiliser, mais comme toute réponse, il continuait en boudant pour me montrer qu'il avait raison.

Pas de négociation possible, il posera sa pièce. Pour moi, voilà ce que cela représente : un moteur monté de travers fait tourner l'arbre de travers, celui-ci force et à la fin il se casse. Je rappelle quand même que c'est notre seule source d'énergie.

Eh bien voilà, ce que j'ai décidé : avant que le moteur ne casse, c'est moi qui me casse. J'ai donc fait mon paquetage et j'ai tout posé sur le quai. Encore une fois, je ne négocie pas avec ma sécurité.

Me voilà S.B.F. pendant environ une demi-heure. En effet, je suis allé voir un jeune dont j'ai fait la connaissance il y a trois jours et je lui ai exposé mon problème.Une demi-heure après, il revient et me présente Andrew qui possède un 15 mètres magnifique et qui me propose de m' héberger jusqu'à jeudi prochain, le temps que je retrouve un autre embarquement. J'ai déjà quelques pistes... Si elles ne fonctionnent pas, j'irai à Gibraltar et devrait normalement trouver là-bas un autre embarquement. Au pire, j'irai aux Canaries par d'autres moyens. Everything is possible.

Donc, ce soir, je m'endors dans ma cabine double sur mon bateau de luxe. Mon hôte est écossais.

Voilà, l'aventure continue et possède un goût d'inconnu encore plus vaste et c'est tant mieux. Je me sens libre et pense sincèrement avoir fait le bon choix.
Je vous tiens au courant dès que j'ai trouvé un nouveau bateau pour continuer ma Grande Route.

Bise à tous et que vivent les rêves.
Ben.


.

Peut-être

Salut à tous,

Je suis toujours dans ce port de touristes qu'est Almerimar, en train d'attendre une pièce pour le moteur.

Si Dieu le veut, nous allons la recevoir dans une heure. Après il y en a pour une heure à la monter et on dégage.

Comme je trouve que nous avons perdu déjà pas mal de temps, nous avons fait l'avitaillement ce matin pour quinze jours, ce qui nous permet d'enchainer direct sur les Canaries après Gibraltar, si les conditions sont bonnes. Nous devrions être demain après midi là-bas et pouvoir peut-être décoller ce week-end vers les Canaries.

Ce mail est donc peut être le dernier avant que j'arrive là bas. N'attendez pas de nouvelles avant deux semaines, je serai paumé sur ce désert liquide qu'est l'Océan Atlantique.

Je saute sur Internet dès que j'arrive pour vous pondre un mail qui ne fera pas trois lignes celui là.
Que la force soit avec Moi et n'hésitez pas à envoyer des messages à la Lune et aux étoiles, elles feront le relais.

Ben


.