lundi 31 décembre 2007
Sous le signe des Rêves et de la Vie
Voilà, je suis arrivé hier à Mindelo, après quinze jours de pirate à bord du Shark. Nous avons visité les îles désertes du Cap-Vert, bouffé du poisson tous les jours, plongé dans des eaux de cartes postales, etc...
Là, je suis à nouveau à la recherche d'un bateau pour traverser et il se peut que cela aille très vite car j'ai croisé des potes de Las Palmas et il se pourrait bien que je parte avec eux direction Saint-Martin.
Ce soir, c'est le réveillon et je vais aller tester l'ambiance des nuits mindéleses.
Sur ce, je vous souhaite une très bonne année, placée sous le signe des Rêves et de la Vie.
Vivre ses rêves, c'est planter les germes de nouveaux...
Ben.
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lundi 24 décembre 2007
samedi 22 décembre 2007
Canaries -- Cap-Vert et visite
D'abord, je suis en vie et la traversée avec le trimaran a été des plus sportive.
Nous sommes partis le vendredi avec 25 nœuds dans le dos. Dès la sortie du port, nous avons cassé la drisse de spi, puis l'enrouleur de génois deux heures plus tard. Ce n'était pas pour me déplaire car Philippe semblait très pressé et voulait balancer toute la toile. Avec cette avarie, nous étions réduits à la grande voile. Nous faisions quand même des surfs à 15-16 nœuds.
La première nuit a été tendue car j'avais l'impression d'être dans un kart sur l'autoroute et de ne pas pouvoir descendre. J'ai mis 24h pour commencer à me détendre. Je ne dormais pas et ne mangeais pas.
Puis, la nuit suivante, ce fut le pied total. J'ai commencé à mieux comprendre le bateau et à me rendre compte qu'il tenait parfaitement les surfs. Alors, les sensations fortes ont commencé. La mer était luminescente avec le plancton et le bateau laissait un sillage de lumière sur au moins 50 mètres. Les mêmes sensations que le snowboard.
Le troisième jour, le vent a commencé à baisser et nous avons pu réparer la casse du départ et du coup rebalancer le spi. J'ai barré tout mon quart de nuit d'après pour surfer un peu.
Le lendemain, début de pétole... on croise un gros requin puis un troupeau de globicéphales. On décide de le suivre et du coup de faire du près pour les observer. Et là...le drame. L'étai est cassé. On repart direct vent arrière pour éviter de se prendre le mât sur la tête et Philippe part en mission en haut du mât pour le remplacer par un bout. On prie pour ne pas avoir à faire du près avant la fin du voyage. Il reste 200 milles.
La nuit suivante est une horreur : il n'y a pas de vent, le bateau et nous-mêmes sommes trempés par l'humidité de l'air. Je me transforme en poisson. Il n'y a plus un endroit sec sur le bateau. Heureusement avec le soleil, l'humidité s'en va et cette fois c'est le pilote qui lâche. Re-atelier bricolage en électricité cette fois. Trois heures après, il refonctionne à merveille. Le soleil se couche et le Cap-Vert est à moins de 100 milles.
Le lendemain, nous apercevons Sal vers 12h. Un dernier plat de pâtes à l'eau de mer et nous arrivons vers 15h à Palmeira. A 16h je suis sur le quai et Philippe est déjà reparti vers de nouvelles aventures.
Je n'ai nulle part où dormir et suis explosé de fatigue de ces 5 jours de nav. Un local passablement éméché me propose de dormir chez lui. Pas le choix, j'accepte. Il me fait faire le tour de la ville, du petit boui-boui de la grand-mère (où j'ai consommé), au bordel (où je n'ai pas consommé). Enfin, vers 21 h, je m'endors pour la première fois sur la terre ferme depuis 3 mois.
Le lendemain, je me fais héberger par Pierre et Céline sur un 35 pieds «PETER PAN». J'y passe deux jours absolument délicieux pour me reposer. Durant ces deux jours, je fais la connaissance de l'équipage du «SHARK». Ils vont à Mindelo doucement, en une semaine, une semaine et demi, le temps de visiter les îles du nord.
Dimanche, j'ai embarqué avec eux et depuis je me la coule douce, sur un 18 mètres. L'équipage est vraiment cool et ils viennent de Montreuil. Le monde est petit.
Voilà, je fais un peu de tourisme au Cap-Vert. Je mange du poisson que l'on chasse tous les jours, plonge dans des eaux de cristal où se prélassent poissons multicolores et requins. En gros c'est le pied...
Le Cap-Vert est un pays hyper tranquille et les habitants très accueillants. Courez-y vite.
Sinon, le programme est le suivant. Quelques jours encore pour aller à Mindelo en passant par Santa Lucia, petite île déserte, puis recherche d'un bateau pour traverser. Cette fois c'est la bonne.
Je vais fêter mes 28 révolutions autour du soleil avec le «SHARK».
Ben.
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vendredi 14 décembre 2007
Bien arrivé aux îles du Cap-Vert
Mouillé, mais heureux !
J'ai trouvé un voilier pour Mindelo (île de Sao Vincente).
Je vous envoie bientôt plus de détails.
Ben
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mardi 11 décembre 2007
Les îles du Cap-Vert
Pour agrandir la carte, cliquez dessus.
L'archipel du Cap-Vert, îles d’origine volcaniques, se trouve dans l'Océan Atlantique, à 300 milles au large des côtes du Sénégal, s’étend sur plus de 150 M. Le plus haut sommet, 2829 m, se trouve sur l’île de Fogo.
L'archipel est divisé en deux. Les îles de Barlavento (îles du vent) au nord et les îles de Sotavento (îles sous le vent) au sud. Praia, la capitale est sur l'île de Santiago.
Les premiers colons portugais arrivèrent dans l’archipel inhabité en mai 1460, nous dit le site du gouvernement capverdien.
La colonie portugaise prospère au XVII ème siècle "grâce" au commerce des esclaves. Elle accéda à l’indépendance le 5 juillet 1975.
La brume est fréquente et la mer souvent très colorée entre les îles.
Les îles sont accores. La sonde des 3000 m (trois mille mètres) passe souvent à moins de 5 M de la côte (9 km environ). A titre d’exemple, en Bretagne sud, la sonde des 200 m (deux cents mètres) est située à 90 M (160 km).
Un lien avec beaucoup de photos de l’archipel : Le voyage de Céphée,
G.
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dimanche 9 décembre 2007
Météo du dimanche 9 décembre vers 16H GMT
vendredi 7 décembre 2007
Vamos to Africa
Salut à tous,Je suis parti aujourd'hui vers 16H.
Quoi dire ? La semaine à Las Palmas a été très riche en rencontre.
L'activité principale dans un port est le bla-bla. J'ai beaucoup pratiqué et maintenant il est temps de partir en laissant derrière moi des rencontres formidables et peut-être des gens que je recroiserai sur mon chemin, ou peut- être pas.
Qu'importe, le partage en est d'autant plus intense.
J'ai embarqué sur un trimaran de 6.50m (Quemasbis V, voir ci-dessus), direction le Cap-Vert. Il est équipé d'une balise pour la sécurité. Vamos to Africa.
Le gars avec qui j'embarque a 30 ans, est français et bien cool. On va au Cap-Vert ensemble et après je trouve un autre bateau pour traverser.
Je vous donne plus de nouvelles dans une grosse semaine sur la traversée et sur le reste.
Ben.
jeudi 29 novembre 2007
Dans la place, à Las Palmas

Ca y est, je suis là où il faut être pour trouver un embarquement pour la transat : Las Palmas.
Je suis arrivé hier après une nuit de navigation plutôt épuisante. La mer était hachée, le vent pas si faible que cela et soufflant en rafales. Nous avons donc peu dormi et enchaîné les changements de voiles. Le bateau tapait dans tous les sens et nous avons pris des paquets de mer comme jamais.
Heureusement, avec l'arrivée du petit jour, tout s'est un peu calmé et pour finir les dauphins (encore eux) sont venus nous souhaiter la bienvenue à Las Palmas.
A présent, je commence à chercher de mon côté pour un nouvel embarquement. Je pense que je vais continuer l'aventure sans Holger car j'ai besoin de vivre les choses librement. Je ne suis pas sûr qu'il avait envisagé les choses comme cela, car depuis que je lui ai fait part de mon souhait, il dort 13 h par jour.
Je me rends compte que lors de mon voyage, je n'ai envie de prendre qu'un minimum d'engagement. Les seuls que je veux prendre sont de finir le film, assurer sur les bateaux sur lesquels j'embarque et pour le reste je profite à fond de mon indépendance et souhaite la préserver à tout prix.
A Las Palmas, il y a beaucoup de candidats à l'embarquement et assez peu de bateaux qui cherchent. Il va donc falloir s'armer de patience. J'en profite pour prendre des contacts pour des interviews et ai déjà des candidats pour demain. Sinon, pour les embarquements, j'ai rencontré des français fort sympathiques à La Graciosa et il se pourrait que nous fassions la route ensemble. J'attends des nouvelles.
Voilà pour les nouvelles, un peu en vrac, car j'ai un clavier espagnol où la moitié des touches sont effacées et cela n'aide pas à se concentrer pour écrire un beau mail.
Je vous embrasse tous et à bientôt.
Ben.
mardi 27 novembre 2007
Vidéo. Les îles Canaries en vue
Vidéo de Holger prise avec son appareil photo sur son catamaran.
Les îles Canaries sont en vue.
G.
samedi 24 novembre 2007
La traversée de Gibraltar aux Canaries
Un petit résumé de la navigation dans les détails techniques si ça vous intéresse.Ensuite la nuit, un vent de 10 nœuds au portant nous a poussés lentement jusqu'au petit matin. Là, il s'est un petit peu renforcé et est monté progressivement jusqu'à 15-20 nœuds jusqu'au lendemain matin.
A midi, nous avons eu la visite de capitaine "Igloo" qui nous a apporté de la dorade coryphène. C'est un cata français, "Igloo", qui nous a rattrapés, intrigué de voir un si petit bateau, si loin des côtes.
La deuxième nuit a été un petit peu angoissante car je ne connaissais pas le bateau et ses réactions, mais tout s'est très bien passé, le bateau filait à 8-9 nœuds.
Le lendemain, l'inverse, le vent a molli jusqu'au matin suivant, pour finir par pétole la plus complète. C'est ce matin là où j'ai vu les baleines.
Ensuite, nous avons fait près de 48 heures de moteur en regardant nos provisions de super disparaître avec inquiétude car nous n'avions en partant que 60 L. Dès qu'il y avait un petit souffle, nous l'éteignons pour se reposer et sauvegarder nos réserves.
Le vent s'est finalement remis à souffler samedi soir et nous a permis de finir à la voile jusqu'au lendemain soir mais nous étions au près. Ce n'était pas forcément un problème car nous avons eu une houle de 2-3 mètres de NW pendant tout le trajet et le vent contraire n'a pas eu le temps de lever une mer, il l'a juste aplatie. Voilà.
Sinon, question fatigue, je n'en ai pas souffert du tout, ce qui est plutôt étonnant car je dormais environ 4-5 h par jour. Nous avons très bien mangé malgré le réchaud à alcool qui limitait les possibilités.
Bien sûr, nous avons pris de l'eau tout le temps mais dans les coques nous nous organisions pour que ça reste sec, ce qui fait que l'on avait tout de même un peu de confort.
Ah oui, j'oubliais, j'ai été sujet à quelques hallucinations, auditives notamment, j'entendais des gens discuter à coté de moi et j'ai vu un chat à bord.... Je ne sais pas si c'est coutumier lorsque l'on fait une traversée où il n'y a rien pour occuper l'esprit.
Voilà pour le résumé de la traversée.
Aujourd'hui, je suis à Corralejo à Fuerteventura. Premier contact avec la civilisation depuis deux semaines, c'est excitant et agressif à la fois.
Hier, nous avons fait 60 milles en 7h30, ce qui fait une moyenne de 8 noeuds. C'était énorme. Notre meilleur score a été 12 nœuds.
Ben.
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jeudi 22 novembre 2007
Résumé du voyage (Gibraltar - Graciosa)
Je suis arrivé aux Canaries dimanche dernier et entier. Pour vous résumer le voyage :
- les dauphins ne nous ont pas lâchés d'une semelle au point qu'à la fin on était obligé de les envoyer chier,
- les baleines sont venues me saluer à l'aurore pour me récompenser d'avoir tenu des quarts de six heures,
- les étoiles filantes tombaient par milliers et se reflètaient dans notre sillage (plancton),
- j'ai pêché des étoiles à mains nues (toujours plancton),
- j'ai suivi le long serpent argenté qui mène à la lune, tout ça sur une embarcation qui volait à trente centimètres au-dessus de l'eau.
Avec Holger, nous avons dépassé le langage oral pour être dans un langage d'action, j'adore...
En bref, il ne s'est rien passé, mais en fait, il s'est passé Tout.
Isla Graciosa
Depuis, nous sommes ancrés à La Graciosa, petite île quasi désertique où je passe mon temps à aller boire des coups sur les bateaux de tout le monde. J'ai fait quelques interviews et surtout des images de navigation de fous.Alors tous les gens qui vous disent d'arrêter de rêver, envoyez-les chier bien fort et vivez vos rêves, ils sont encore plus vastes que vous ne pouvez l'imaginez....
Merci pour tous vos mails...
Ben.
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mercredi 21 novembre 2007
Météo du jour

20 nd de SW avec averses.
Le dernier concurrent de la "Barcelona World Race" est aujourd'hui à la hauteur de Lanzarote, un peu à l' ouest.
G.
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mardi 20 novembre 2007
Ile Graciosa
lundi 19 novembre 2007
Benoît est arrivé !
Il va tout nous expliquer très rapidement.
G.
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A vous de choisir !

Sur un site météo français, la carte ci-contre nous indique du vent variable 5 à 10 nd pour les Canaries.

Sur le site de la météo espagnole, 20 nd de SW et 35 nd sur Tenerife avec des averses.

Sur cette carte satellite, le vent paraît bien installé au SW avec une vingtaine de nœuds à l'W de la Gde Canarie et un peu moins à l'E (isobares moins serrés).
G.
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dimanche 18 novembre 2007
Quelle météo aujourd'hui ?

La météo espagnole (voir la carte) annonce 20 nd de SE pour aujourd'hui.
Une autre météo donne des vents faibles (5 à 10 nd, d' E à SW).
Qui a raison ?
Petit rappel :
Sur les cartes météo, les flèches indiquent la direction du vent mais aussi sa vitesse. Sur la plume de la flèche, 1 petit trait indique 5 nd, 1 grand 10 nd, 1 grand et 1 petit = 15 nd etc...
Nous voyons sur toutes celles qui entourent les Canaries, 2 grands traits donc 20 nd de vent. L'orientation des flèches nous annonce du SE, le vent vient du SE.
G.
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samedi 17 novembre 2007
Image satellite du jour

L'image satellite de ce matin à 4 H nous indique qu'une faible dépression se situe à proximité des Açores et génère des vents faibles, de secteur S-SE sur les îles Canaries.
Petit rappel :
Dans un système dépressionnaire, les vents tournent à l'inverse des aiguilles d'une montre en entrant légèrement (voir les flèches rouges).
Plus les isobares sont écartés, plus le vent est faible.
Par exemple, sur cette carte, nous voyons que le vent est fort, au NW de la dépression (isobares serrés). Ils sont faibles au S des Canaries (isobares espacés).
Gérard.
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vendredi 16 novembre 2007
Météo de vendredi 16 novembre
jeudi 15 novembre 2007
Météo de jeudi 15 novembre
Où sont-ils ce jour à midi ?Je ne peux répondre à la question mais nous pouvons supposer qu'ils sont en mer...
Peut-être au large de Safi ? Si c'est le cas, le vent va monter progressivement et ils vont se faire plaisir, 15/20 nd au portant, sur ce type de bateau c'est le paradis... un peu humide... c'est vrai mais quel bonheur que de glisser à vive allure.
Benoît nous enverra peut-être de belles images.
Petit rappel :
1 nd = 1 mille en 1 heure
En 24 H, un voilier de croisière de 10 m environ fait 150 milles.
Plus le bateau est petit, plus la vitesse théorique est faible.
Un multicoque léger va beaucoup plus vite, 240 M sont faisables en 24 H.
Gérard.
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mercredi 14 novembre 2007
Bon vent aujourd'hui ?

Il est prévu 10 à 15 nd au portant...sympa pour le petit cata.

Peut-être...
Si c'est le cas, ce n'est plus une partie de plaisir, le bateau n'avance pas, ce n'est jamais bon pour le moral. On est secoué, le vent n'appuie pas sur les voiles et il subit chaque mouvement de l'eau. Ils ont du soleil, c'est bien déjà. Un peu plus au sud le vent est présent.
Benoît nous expliquera tout ça.
Gérard.
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mardi 13 novembre 2007
Départ pour les Canaries
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dimanche 11 novembre 2007
Message de Benoît ce matin

Vers 9H30, le téléphone sonne. C'est Benoît, tout va bien, il est en mer sur le cata. Il doit ressembler à celui de la photo.
Le vent est faible, ils marchent à 4 nd environ et sont au large de Malaga, c'est-à-dire à environ 60 M de Gibraltar.
Benoît vous expliquera la jolie nuit qu'il vient de passer et les visiteurs inattendus...
Gérard.
vendredi 9 novembre 2007
Les évadés du Kon tiki deuxième....
Vous allez rire, je suis toujours à Almerimar mais maintenant j'ai un bateau et en plus il va vite, même très vite.
Hier soir, au coucher du soleil, alors que j'avais rangé toutes mes affaires et nettoyé mon ancien bateau, je vais sur le quai pour fumer une petite cigarette quand je vois un catamaran débouler. Quand je dis catamaran, je devrais dire plutôt un engin de plage. Le bateau est complètement ouvert avec deux coques (c'est plutôt bon signe pour un catamaran) où l'on peut habiter.
Dessus, un jeune allemand d'une trentaine d'années entrain de ranger et cleaner son bateau consciencieusement. Je vais le voir intrigué et lui demande d'où il vient avec ça. Il me répond qu'il arrive de France et à l'intention de traverser l'océan avec. A son tour, il me demande si le gros bateau sur lequel je suis est le mien et je lui explique que je fais du bateau-stop jusqu'aux Caraïbes. Spontanément, il me propose de m'emmener à Gibraltar... Pourquoi pas?
Nous passons la soirée ensemble et finalement la confiance s'installe. Nous décidons d'aller ensemble à Gibraltar.
Aujourd'hui, j'ai pris mes quartiers sur son bateau. Nous avons chacun notre coque. C'est petit mais vivable surtout pour deux jours. Ma chambre-cuisine fait 3 mètres de long sur 50 cm de large pour 1 m50 de haut. Même si le bateau est sommaire, il inspire confiance. Il n'y a rien d'inutile mais tout ce qu'il faut pour naviguer. De plus, la navigation risque d'être amusante car c'est le type d'engin qui monte à plus de 10 noeuds facilement.
On devrait décoller demain, la météo prévoit 20 noeuds de vent venant de l'est, ce qui fait que nous serons au portant et que nous pouvons relier Gibraltar dans la journée (aussi rapide que le bus) .
Après, Holga (l'allemand) veut tracer sur les Canaries mais là j'avoue que j'hésite un peu. Le bateau est vraiment bas sur l'eau (50 cm) et en plus un catamaran si ça se retourne, ça ne se remet pas sur ses pieds tout seul. Je pense que je vais débarquer à Gibraltar, chercher un autre bateau et si ça ne marche pas, aller au Maroc faire un tour.
Voilà, tout évolue et tout change, c'est la Vie, la vraie.
A bientôt pour de nouvelles aventures...
Ben.
jeudi 8 novembre 2007
Hye everybody
Voilà le programme :
Je vais d'abord à Gibraltar pendant deux jours, histoire d'essayer de trouver un bateau et de faire quelques interviews.
Si là-bas, il ne se passe toujours rien, je continue par le Maroc en bus, vais faire une halte de deux, trois jours à Marrakech, puis je me prends, soit un vol direct pour Gran Canarias, soit je vais à Agadir pour essayer de traverser vers les Canaries en bateau (cette deuxième alternative peut paraître tentante mais c'est sûrement un coup à perdre une semaine de plus. Je dois encore y penser).
De cette manière, je suis sûr d'être aux Canaries pour la fin novembre, faire là-bas de belles interviews (de marins et de bateau-stoppeurs), d'avoir le temps de faire un choix de bateau judicieux (c'est quand même trois semaines de pleine mer avec des inconnus, pas moyen de débarquer, ni l'envie d'ailleurs) et en plus je reprends le contrôle sur la situation.
Voilà, aujourd'hui je sautille comme un gardon, ai trois interviews dans l'après-midi, le bateau à ranger et des affaires à jeter ou à donner.
Je vous tiens au courant très vite de la suite des évènements et vous embrasse.
Ben.
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mercredi 7 novembre 2007
What you want is not necessarly what you need...
Cela fait maintenant plus d'une semaine que je suis à Almerimar. Je suis encore sur le bateau d'Andrew même si celui-ci est retourné en Ecosse hier. J'ai tout ce dont j'ai besoin. Un bateau très confortable où attendre, des compagnons sur le port très agréables, le soleil, etc... Pourtant, je me pose de nombreuses questions et j'ai du mal à être en paix.
Voilà la situation. J'ai rencontré un couple d'allemands d'une trentaine d'années qui voyagent avec leur petite fille âgée de treize mois et qui veulent faire la transat sur leur bateau. Le Feeling est très bon. Le seul hic est qu'ils naviguent dans un rythme très lent. Ils ne partent que dans deux semaines, veulent traîner le long des côtes marocaines pour finalement faire la transat durant le mois de janvier. Ce programme a tout pour me plaire mais ne correspond pas au planning que je m'étais fixé avant de partir. De plus, l'expérience passée, m'a montré que l'on ne connaît les gens que lorsque l'on a navigué avec eux et la perspective de passer deux semaines à attendre sur le port pour finalement me rendre compte que l'on ne peut pas faire route ensemble ne m'enchante guère.
Je continue donc à chercher à côté mais les opportunités ne se présentent pas. J'ai tout fait : aller toquer à tous les bateaux, déposer des petites annonces dans les endroits stratégiques du port, tous les jours, je me rends à la capitainerie pour me mettre au courant des nouveaux bateaux arrivés. Pour l'instant rien.
Beaucoup de questions et de doutes m'assaillent : Suis-je au bon endroit pour retrouver un nouveau bateau ? Dois-je aller jusqu'à Gibraltar malgré les différents avis que l'on m'a donné sur cet endroit ? Dois-je attendre les allemands ? Est-ce vraiment important de traverser en novembre ou en décembre ? Pourquoi je me mets la pression par rapport au temps ? Dois-je prendre un ferry ou un vol pour Gran Canaria où je trouverai à coup sûr une embarcation pour traverser ? Enfin voilà, période de déséquilibre mais finalement n'est-ce pas comme cela que l'on avance ?
La seule chose qui est intacte est l'envie de réaliser ce rêve à tout prix. Je n'ai pas perdu le cap, je suis seulement en train d'examiner les différentes routes possibles. Et comme le dit mon hôte :" what you want is not necessarly waht you need."
Je vais donc travailler ma patience, laisser la vie me faire des signes pour me guider vers le bon choix et peut-être la chance viendra croiser mon chemin.
Je vous embrasse tous.
Ben.
dimanche 4 novembre 2007
Merci
Je vais très bien et mon étoile brille au zénith.
Je n'ai pas trouvé d'embarquement pour le moment mais j'ai bon espoir.
Mon hôte est adorable et cuisine comme un dieu. Il possédait un resto 1 étoile en Ecosse.
Voilà je suis libre et la chance fait le reste.
Ben.
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vendredi 2 novembre 2007
Le grand départ
Ca bouge on ne peut plus. Le grand départ a eu lieu aujourd'hui mais pas comme vous pouvez le penser. Une heure après mon mail de toute à l'heure, le capitaine Gérard est revenu à bord avec la fameuse pièce.
Cette pièce faisait à peu de chose près, le double de ce qu'elle devait faire. Là, les boules me montent. Je lui dis que ce n'est pas du tout le bon modèle et il me certifie que oui. Je connais le lascar et je n'argumente pas, je lui montre simplement que non. Pas de problème pour lui, il me répond qu'il va limer une autre pièce sur le moteur pour le faire rentrer. Je lui dis qu'il faut retourner au magasin pour changer la pièce même si cela doit nous faire attendre trois jours de plus. Là-dessus, il commence à limer sa pièce et ne parle pas. Pour sa décharge, je parlais à un niveau sonore supérieur à la moyenne et faisais preuve d'un sang froid peu enviable. Mais bon, je n'ai pas l'habitude de négocier avec ma sécurité. Donc, j'ai tenté de lui dire d'arrêter de limer la pièce et par la même occasion de la fragiliser, mais comme toute réponse, il continuait en boudant pour me montrer qu'il avait raison.
Pas de négociation possible, il posera sa pièce. Pour moi, voilà ce que cela représente : un moteur monté de travers fait tourner l'arbre de travers, celui-ci force et à la fin il se casse. Je rappelle quand même que c'est notre seule source d'énergie.
Eh bien voilà, ce que j'ai décidé : avant que le moteur ne casse, c'est moi qui me casse. J'ai donc fait mon paquetage et j'ai tout posé sur le quai. Encore une fois, je ne négocie pas avec ma sécurité.
Me voilà S.B.F. pendant environ une demi-heure. En effet, je suis allé voir un jeune dont j'ai fait la connaissance il y a trois jours et je lui ai exposé mon problème.Une demi-heure après, il revient et me présente Andrew qui possède un 15 mètres magnifique et qui me propose de m' héberger jusqu'à jeudi prochain, le temps que je retrouve un autre embarquement. J'ai déjà quelques pistes... Si elles ne fonctionnent pas, j'irai à Gibraltar et devrait normalement trouver là-bas un autre embarquement. Au pire, j'irai aux Canaries par d'autres moyens. Everything is possible.
Donc, ce soir, je m'endors dans ma cabine double sur mon bateau de luxe. Mon hôte est écossais.
Voilà, l'aventure continue et possède un goût d'inconnu encore plus vaste et c'est tant mieux. Je me sens libre et pense sincèrement avoir fait le bon choix.
Je vous tiens au courant dès que j'ai trouvé un nouveau bateau pour continuer ma Grande Route.
Bise à tous et que vivent les rêves.
Ben.
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Peut-être
Je suis toujours dans ce port de touristes qu'est Almerimar, en train d'attendre une pièce pour le moteur.
Si Dieu le veut, nous allons la recevoir dans une heure. Après il y en a pour une heure à la monter et on dégage.
Comme je trouve que nous avons perdu déjà pas mal de temps, nous avons fait l'avitaillement ce matin pour quinze jours, ce qui nous permet d'enchainer direct sur les Canaries après Gibraltar, si les conditions sont bonnes. Nous devrions être demain après midi là-bas et pouvoir peut-être décoller ce week-end vers les Canaries.
Ce mail est donc peut être le dernier avant que j'arrive là bas. N'attendez pas de nouvelles avant deux semaines, je serai paumé sur ce désert liquide qu'est l'Océan Atlantique.
Je saute sur Internet dès que j'arrive pour vous pondre un mail qui ne fera pas trois lignes celui là.
Que la force soit avec Moi et n'hésitez pas à envoyer des messages à la Lune et aux étoiles, elles feront le relais.
Ben
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mardi 30 octobre 2007
L'aventure continue...
Salut à tous,Depuis la dernière fois, le voyage se passe un peu plus tranquillement. Nous avons bien progressé et nous sommes actuellement pratiquement aux portes de l'Océan Atlantique. La météo a été plus clémente et même un peu trop. La plupart de nos étapes depuis Alicante se sont faites au moteur car le vent était insuffisant pour nous faire avancer.
Aujourd'hui, le voyage a un petit goût de déjà vu. En effet, vendredi dernier, alors que nous quittions Garucha pour Almeria, j'ai fait une découverte dont je me serais et je pense que je ne suis pas le seul, volontiers passé. Un des haubans (câble qui tient le mât) était sur le point de casser. Cette étape s'est donc faite elle aussi au moteur pour éviter de tirer trop sur celui-ci et risquer de perdre le mât. Ensuite à Almeria, il a été impossible de trouver les pièces pour réparer, ce qui nous a fait perdre deux jours. Finalement hier, nous nous sommes rendus à Almerimar, toujours au moteur (vive la péniche), et avons pu réparer la chose au prix d´une petite séance d'alpinisme de ma part.
Aujourd'hui, nous avons essayé de quitter Almerimar et c'est le moteur qui cette fois nous a fait défaut. C'est, je vous rassure, beaucoup moins grave que la dernière fois, mais nous sommes encore immobilisés jusqu'à demain soir au plus tôt. Ah! les joies de la mécanique. Voilà, pour les nouvelles un peu casse-pied. Sinon, les côtes que nous longeons sont à présent beaucoup plus jolies, la pêche est excellente et nous nous gavons de bonites et de dorades coryphènes. J'ai vu mon premier poisson volant. C'est très étrange, car au début, je l'ai pris pour une hirondelle qui faisait du rase-motte au-dessus de l'eau. Puis sa couleur argentée m'a interloqué et le fait qu'il finisse sa route dans la mer, où il a disparu, m'a ôté mes doutes.
La mer est toujours aussi pleine de surprises et de splendeurs. Je fais notamment allusion à notre arrivée sur Almeria, où nous pouvions admirer, de nuit, un orage au loin qui éclairait à chaque éclair un énorme nuage. J'ai fait quelques images, j'espère que cela va rendre. Il y a aussi le spectacle de la mer sous un déluge durant un orage que nous avons traversé. Elle se transforme alors en un désert vaporeux, où les dunes sont mouvantes, et passe par toutes les nuances de gris.
Un dernier point et qui n'est pas des moindres. Ce matin, j'ai eu une discussion avec le capitaine sur un souci que je traînais depuis quelques temps.
Je m'explique:
Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avions fait un deal. Nous devions traverser l'Atlantique avec son bateau et ensuite faire le retour ensemble jusqu'à Fréjus. Je m'étais engagé à ne pas le lâcher en cours de route, car dans ce deal, j'étais assuré de pouvoir traverser l'océan et finir mon film.
Au mois de juillet, il m'apprenait que son bateau ne pouvait pas traverser et qu'il ne pouvait aller que jusqu'aux Canaries, je lui avais donc dis alors que notre deal se ferait que jusqu'aux Canaries.
Il n'avait pas du tout compris cela, je m'en suis rendu compte au fur-et-à-mesure du voyage et pensait que je l'aiderai pour ramener le bateau des Canaries en février (chose qui en plus se trouve être pratiquement mission impossible de part les conditions météo à cette période).
Ce deal me semblait alors pas du tout fonctionner car pour le moment je paie tout (bouffe, port, gaz, gazole) et lui se contente d'entretenir le bateau mais il n'a fait aucune dépense concernant l'aménagement du bateau pour le voyage (ex : autonomie électrique : 24 h), cela me rajoute des frais pour retourner aux Canaries (avion) et me fait perdre 1 mois et demi sur mon voyage. Durant la période où je ne suis pas sur son bateau, il faut bien que je me loge et que je me nourrisse sans que lui ne m'apporte quoi que ce soit. Enfin bref, je me sentais perdant sur toute la ligne. Par contre, je ne voulais absolument pas le foutre dans la merde.
Ce matin, je lui ai donc exposé le problème pour que nous essayons de trouver ensemble une solution. Et là, surprise... Alors que je m'attendais à une négociation des plus musclées, il me propose spontanément de se débrouiller pour ramener le bateau des Canaries et me déclare libre lorsque nous serons arrivés là-bas. Il admet que les conditions météo ne sont pas favorables à cette époque et qu'il serait dangereux de se lancer dans une course contre la montre à ce moment là. Je n'en espérais pas tant, d'autant que tout s'est passé avec le sourire. Autant dire que l'ambiance dans le bateau est revenue au beau fixe et que je me sens aujourd'hui libéré d'un poids énorme.
A moi l'Amérique et la Liberté (en ce moment, je siffle comme Tom Sawyer).
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dimanche 21 octobre 2007
Quatre jours de kung fu: Combat et sérénité.
Je viens de vivre quatre jours intense sur tous les plans. Tout a commencé jeudi lorsque nous avons quitté Castellone. Encore une fois la météo nous a interdit de nous rendre aux Baléares et à présent il n'en est même plus question.
Donc nous avons quitté le port au petit matin météo en poche annonçant une journée tranquille au portant. Dès les premiers pas hors du port nous tombons face à une mer forte (des creux de deux mètres) et un vent bien établit, environ 20 nœuds. Tant pis on a déjà perdu assez de temps comme cela, on y va on se lance d'autant que la météo annonce que le vent doit mollir et qu'il devrait faire beau. Eh bien que dalle, ça a été de pire en pire, le vent a continué de grimper et la pluie est venue embellir le tableau. Nous décidons alors, au bout de deux heures à se faire secouer dans tous les sens, de trouver un abri. Et là c'est la blague. Pas un port accessible dans ces conditions. On refait le tour des côtes sur la carte et le seul port qui pourrait faire l'affaire est un port à 15 miles de là. C'est parti on y va.
On navigue heureusement au portant pendant encore deux trois heures et plus on approche plus la mer grossit et plus on se rend compte que les déferlantes interdisent l'accès au port. J'appelle à la VHF et ils confirment, on ne rentrera jamais. A 5 miles il y a un port de commerce sur lequel on décide de se rabattre et on verra bien où on pourra se caler.
L'arrivée au port est dantesque, le ressac lève une mer où les creux peuvent atteindre 6 mètres (sérieux je n'exagère pas, le capitaine lui parle de 10 mètres. lui il exagère). A la barre je me fais une séance de muscu accélérée que je paierai pendant deux jours (aie mes trapèzes).
A l´intérieur de ce port (Sagunto) on trouve une oasis. Un véritable ponton pour accoster avec eau et électricité. C'est le ponton privé d'un chantier naval de luxe. Ils construisent des bateaux de 40 mètres et surtout nous ont reçu comme des rois sans nous demander quoi que ce soit. Grande classe. Nous restons donc chez nos hôtes jusqu'au lendemain matin le temps que le vent et surtout la mer se calme.
Le lendemain nous partons vers neuf heures pour une navigation qui a été idyllique. Le matin petit vent au portant sur une mer peu agitée que nous avons exploité au max avec le spi (grande voile multicolore et en forme de bulle qui transforme un pet de mouche en petite brise bien agréable). L'après midi le vent tourne et forcit un peu ce qui nous permet de faire du 5 nœuds au travers.
La pêche s´avère être prolifique avec une bonite l´après midi et une daurade coryphène à la tombée du jour. C´était ma première daurade et je l'ai payé fort chère. Lorsque je l'ai sortie de l'eau la bête était tellement en forme qu'elle gigotait dans tous les sens et du coup je me suis enfoncer l´hameçon dans le doigt. L'avantage de ces objets est qu'ils sont fait pour entrer mais pas pour ressortir chose que j'ai comprise en m'y reprenant à plusieurs fois pour l'extraire de mon doigt. J'ai pu ainsi avoir une compassion pour ma daurade. Mais bon, les hommes mangent les daurades et pas le contraire. Sorry.
Le soir nous dégustons donc la bonite et nous préparons pour faire une navigation de nuit. J'adore l'ambiance qu'il peut y avoir la nuit. Tout devient différent. Nos sens s'aiguisent et surtout il se crée une sérénité que je recherche particulièrement. Peu à peu mes équipiers disparaissent pour se coucher et en même temps mon bonheur croît. Entre minuit et trois heures du matin j'ai vécu des moments de pur bonheur. Ceux où on ressent dans le même temps que l'on est rien et que l'on est tout. Cela s'appelle l'harmonie. Pour vous faire partager quelques images, fermez les yeux (après avoir lu ce texte) et imaginez vous sur une mer noir profond, le seul son qui vous parviens est celui de l'eau qui glisse sur la coque du bateau au même rythme que les vagues qui vous dépassent et vous bercent. Comme cap trois étoiles coincées entre deux haubans pour pouvoir garder un œil dans l'univers qui me fait ce soir là un festival d'étoiles filantes. Durant trois heures j'ai gardé un sourire de gamin de trois ans. Spéciale dédicace au pilote automatique qui n'avait plus d'énergie et qui m'a permis d'être en totale harmonie avec le bateau. Ensuite j'ai été me coucher pour faire des rêves aussi intenses. Mais ça, c'est une autre histoire.
Le lendemain je me fais réveiller à 6h30 par le moteur car il n'y a plus de vent et nous traçons vers la côte pour trouver un mouillage forain. Nous arrivons dans une baie aux allures de Manhattan. Des grattes ciels énormes sur deux kilomètres. Tant pis cela fera l'affaire pour se reposer. 2h sommeil et réveil au bord de cette usine à touriste. C'est pétole on en profite pour se baigner, se laver, faire des courses que l'on ramène à la rame jusqu'au bateau. Tous nos achats seront un peu salés mais bon c'est bien drôle quand même.
Le soir un petit vent se lève et nous décidons de reprendre la route vers 7h. Nouvelle nav de nuit mais je pars me coucher vers onze heures car contrairement aux autres je n'avais dormi que 4h. Ce matin je me réveille vers 4h et me rend compte que nous sommes au mouillage. Je vois le ciel un peu noir au loin mais bon je ne m'inquiète pas plus que cela surtout que le capitaine dort dehors. Je retourne me coucher.
Trois quart d'heures plus tard je me fais réveiller par le capitaine qui s'affaire à je ne sais quoi. Le bateau remue beaucoup et le vent siffle dans le mât. Je me lève et vois le capitaine rajouter une deuxième ancre. Nous sommes entrain de déraper vers la plage (l'ancre ne croche pas au fond à cause du vent et de la mer) et un orage se dirige droit sur nous. Par réflexe j'allume les instruments car je trouve que nous sommes bien près de la plage et là c'est la panique: le sondeur indique 0.6 mètres d'eau sous la quille. J'en fais part au capitaine et lui propose de s'arracher en vitesse. Il me répond que cela va peut être se calmer et que l'on verra bien. Ah cette satanée habitude qu'il a de toujours attendre la limite. Ca ne se calme pas du tout bien au contraire le vent monte à 30 nœuds et les vagues même si elles ne sont pas très grosses commencent à déferler. Alors là il me dit que ça serait bien d'y aller. Et c'est parti pour un tour de rodéo: le guindeau électrique qui sert à remonter l'ancre ne peut pas lutter contre les éléments, je me mets donc à la barre et au moteur pour ramener le bateau en ligne avec la chaîne d'ancre. Je vois Gérard s'agiter dans tous les sens pour me dire à tribord, à bâbord, tout droit, ralenti, à fond....
Bref il luttait de son coté car il avait envoyé toute la chaîne et du coup a failli la perdre. Pendant ce temps je regardais le sondeur et nous avons atteint 0.4m. Tout cela se passait je vous le rappelle sous des trombes d'eau avec un vent qui vous transperce si vous avez oublié de bien vous couvrir. Ce qui était le cas car j'ai oeuvré dans la précipitation. Finalement on s'en est sorti et avons rejoint le port d'Aligant à fond les ballons avec un mouchoir de poche à l'avant en guise de voile. Ce qui est agréable avec Gérard c'est que dans ces grosses galères il sait développer un sens de l'humour et une décontraction qui permet d'évacuer tout le stress.
Voilà aujourd'hui on est au port et nous nous reposons un peu avant de continuer demain. Il ne reste normalement plus que une semaine, une semaine et demi de nav pour rejoindre Gibraltar et ensuite traverser direct en 6 7 jours pour les Canaries.
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mardi 16 octobre 2007
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles....
Le moteur marche. Nous avons pu le tester au cours de la semaine qui vient de s´écouler et après quelques petits réglages tout va pour le mieux. Nous ne prenons plus un gramme d´eau, ce qui n´était pas le cas même avant l´avarie moteur, et c´est plutôt rassurant.
Nous avons donc décollé de Blanes jeudi dernier et depuis c´est l´usine à milles. Nous nous levons le matin vers 8h et naviguons toute la journée jusqu´à environ 22h pour rattraper le retard engrangé. Les escales ne nous servent qu´à nous reposer et nous ne voyons rien des différents endroits où nous nous arrêtons. Il n´y a aucun regrets là dedans, sauf peut être pour Barcelone, car les côtes longées sont peu attractives. Ce n'est qu´un long enchaînement de station balnéaires bétonnées ou d´industries en tout genre. Ce ne sont donc pas les meilleurs conditions pour naviguer mais je me concentre donc sur d´autres choses comme la bonne marche du bateau, l'écriture, la lecture, la cuisine...
J'ai hâte de refaire une traversée afin de perdre la terre de vue et reconnaître cet état de solitude extrême que je recherche tant...
Sinon l'ambiance à bord est plutôt bonne même si certains détails provoquent chez moi quelques agacements: le capitaine malgré toutes ses qualités reste têtu comme une bourrique et est capable souvent d'une mauvaise foi à toute épreuve. De plus il ne participe que très peu à la vie à bord excepté pour la cuisine (qu'il fait très bien d'ailleurs). Mais la vaisselle, les courses et tout cela il ne connaît pas. Enfin cela fait aussi partie de la vie à bord d'un bateau et des leçons de cohabitation qu'il faut en tirer, surtout que je ne suis pas objectif dans cette aventure et qu'il doit y avoir certains aspects de ma personnalité qui doivent également les agacer. Je fais donc preuve de patience et me raisonne en pensant que l'ambiance doit être sauvegardée à tout prix afin que nous arrivions aux Canaries dans les meilleures conditions. De plus la solitude et les longs dialogues silencieux avec la mer et moi même m'offre un formidable refuge.
Aujourd'hui nous sommes à Castellone, à 30 miles au nord de valence et attendons demain soir que la météo soit meilleure afin de traverser vers Ibiza, environ 80-90 miles, soit 20h de navigation. Pour l'instant des orages sont prévus et se retrouver dessous en mer est tout sauf amusant donc prudence et patience. Je vais donc profiter de ces deux jours pour parfaire mon espagnol et tenter de faire une ou deux interview car depuis Marseille je n'en ai faite aucune de part les désagréments que nous avons rencontrés.
Ben
mercredi 10 octobre 2007
Ola tutti!
Ca y est ! Je sais, ce ne sont que trois mots, mais ça faisait une semaine que j'attendais de vous les envoyer, nous avons réparé le moteur !
A 4 heures de l'après midi en ce jour béni de mercredi 10 octobre, après avoir galéré pendant une semaine, la douce mélodie du tof tof de notre moteur diesel s'est enfin faite entendre, digne de Mozart au niveau de l'émotion suscitée. Ce soir c'est champagne, cigares et petits fours.
Pour l'anecdote nous avons tout d'abord démonté le moteur en entier, le hisser dans la cuisine avec le palan de l'écoute de grand voile (environ 200kg le bazar), puis j'ai failli pendre le capitaine en haut du mât, enfin la pièce dont nous avions besoin se trouvais à Fréjus (ville du départ) j'ai donc été la chercher en 48 h ce week end, et pour finir nous bossons sur le moteur depuis lundi comme des acharnés pour enfin arriver à un résultat qui semble concluant.
Demain nous devrions reprendre la mer si la météo le permet, pour l'instant il pleut comme vache qui pisse, et le ciel a organisé un grand feu d'artifice d'éclair pour fêter l'évènement. Les nouvelles devraient donc être plus poétiques les prochaines fois à moins que le moteur ne nous refasse des blagues. Priez pour moi ! Cependant ce soir, vous avez du le comprendre, je suis heureux! Ah le pouvoir de la frustration!
Un marin qui en a marre de la mer d'huile.
Ben.


